Comment éliminer les pellicules pendant la grossesse ?

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La grossesse transforme le corps et parfois aussi le cuir chevelu. Certaines femmes remarquent l’apparition de pellicules, une fois enceinte, avec un cuir chevelu qui gratte ou une sensation d’inconfort qui n’existait pas avant. Si c’est votre cas, rassurez-vous : ces changements, même s'ils sont bien sûr gênants, sont généralement tout à fait bénins.   
Mais quels produits peuvent être utilisés sans risque ? Quelles alternatives naturelles peuvent vraiment aider sans compromettre la sécurité de bébé ?   
On fait le point sur les causes possibles et les bons réflexes à adopter pour apaiser les démangeaisons du cuir chevelu pendant la grossesse.

Comprendre les pellicules pendant la grossesse

Comprendre les pellicules pendant la grossesse

Pendant la grossesse, les hormones évoluent rapidement et cela peut aussi se refléter sur le cuir chevelu. Ces changements peuvent même entraîner l’apparition de pellicules chez certaines femmes enceintes.   

Pourquoi ? Parce que l’équilibre naturel du cuir chevelu peut être perturbé : il devient plus sec, plus gras ou plus réactif. Cela touche aussi ce qu’on appelle le microbiote du cuir chevelu qui est un ensemble de micro-organismes (comme des levures et des bactéries) qui vivent naturellement à la surface de la peau et participent à sa protection. Résultat : des petites squames apparaissent, parfois accompagnées de démangeaisons. 

Mais, une fois les causes mieux comprises, il devient plus simple d’adapter sa routine capillaire et de choisir les soins les plus appropriés pendant cette période particulière. 

 

Causes des pellicules chez les femmes enceintes

Chez certaines femmes, la grossesse peut déclencher ou aggraver l’apparition de pellicules.  

Qu’est ce les pellicules ? Les pellicules correspondent à une desquamation excessive du cuir chevelu. Ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs physiologiques et environnementaux qui modifient l’équilibre du cuir chevelu mais la principale cause des pellicules dans les cheveux, chez une femme enceinte, est liée au changement hormonal(1).  

Pendant la grossesse, les taux d’œstrogène, de progestérone et parfois d’androgène évoluent fortement. Ces hormones influencent directement l’activité des glandes sébacées. Résultat : l’équilibre du cuir chevelu est perturbé (trop de sébum, barrière fragilisée, terrain sensible). Le cuir chevelu peut alors devenir plus gras, ce qui crée un terrain favorable à la prolifération de la levure du genre Malassezia, qui se nourrit de sébum. Ou alors la peau devient plus sèche, ce qui peut également favoriser l'apparition de squames (pellicules). Ce mécanisme n’est cependant pas automatique : cela varie d’une femme à l’autre, selon le terrain individuel, les antécédents, l’environnement et/ou le mode de vie.  

Le stress émotionnel ou physiologique (fatigue, manque de sommeil), fréquent pendant la grossesse(2), peut par exemple être déclencheur. Il agit entre autres sur l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien(2) qui contrôle la libération de cortisol (l’hormone du stress). Et le taux de cortisol peut influer sur les états inflammatoires.   

Dans certains cas, les femmes peuvent aussi observer l’apparition de pellicules et une perte de cheveux(3) diffuse, aussi appelé effluvium télogène. Ce phénomène est fréquent en post-partum mais il peut aussi apparaître dès la grossesse.

 

Différents types de pellicules et comment les identifier chez la femme enceinte

l existe principalement 2 types de pellicules :  

  • Les pellicules sèches : petites, blanches, elles tombent facilement sur les épaules. Elles sont plutôt liées à un cuir chevelu sec ou déshydraté, parfois irrité.   
  • Les pellicules grasses : plus épaisses, jaunâtres, elles adhèrent au cuir chevelu et peuvent être associées à une séborrhée. Ce type de pellicules est fréquemment lié à une prolifération de la levure Malassezia.   

Attention aux confusions cependant car les pellicules sont parfois confondues avec les lentes (poux), notamment en cas de démangeaisons intenses. Alors, en cas de doute entre lentes ou pellicules, comment savoir faire la distinction ? En fait, les pellicules bougent facilement quand on les brosse ou qu’on secoue les cheveux. Tandis que les lentes, elles, sont bien accrochées à la base du cheveu, souvent à moins d’1 cm du cuir chevelu, et ne se détachent pas spontanément. 

Quels sont les soins capillaires adaptés aux femmes enceintes ?

Pendant la grossesse, il est recommandé de prêter attention à la composition des produits capillaires, en particulier lorsqu’ils sont utilisés régulièrement. Car même si les shampoings sont rincés et restent peu de temps sur la peau, certaines substances peuvent être absorbées en petite quantité. C’est pourquoi il vaut mieux privilégier des soins formulés pour les cuirs chevelus sensibles et éviter certains ingrédients par précaution.  

Parmi les composés à surveiller figurent notamment ceux étant identifiés comme perturbateurs endocriniens(3,4). Il s’agit de substances capables d’interférer avec le système hormonal. En fait, lorsqu’ils sont absorbés, même à faible dose, certains de ces composés peuvent traverser la barrière placentaire et agir sur le développement du fœtus. Leur exposition pendant la grossesse est mise en cause dans certaines complications (comme un retard de croissance ou une naissance prématurée)(3,4).  

On peut retrouver ces substances dans certains soins capillaires, notamment sous forme de conservateurs, agents parfumants ou plastifiants. Voici quelques exemples d’ingrédients à éviter :  

  • Phtalates (souvent présents dans les parfums, parfois non mentionnés clairement). 
  • Parabènes dit “à chaîne courte” (methylparaben, propylparaben…). 
  • Phenoxyethanol (conservateur très utilisé, en cours de réévaluation dans certains contextes).

Il est également conseillé de limiter l’usage des huiles essentielles pendant la grossesse, surtout en début de grossesse, ainsi que les parfums synthétiques allergisants (linalol, limonène, citronellol...) qui peuvent irriter un cuir chevelu fragilisé. 

À l’inverse, certains actifs sont bien tolérés pendant la grossesse, notamment dans les shampoings anti-pelliculaires rincés à usage occasionnel, comme la piroctone olamine, antifongique doux utilisé contre les pellicules, ou encore l’acide salicylique, en faible concentration, pour éliminer les squames. 

Donc, en cas de pellicule chez la femme enceinte, il est préférable d’opter pour des soins aux formules les plus simples possibles, sans huiles essentielles, sans parfum intense et testés sur cuir chevelu sensible.  

Et en cas de doute, ou si les pellicules persistent pendant la grossesse, il est préférable de demander l’avis d’un professionnel de santé. 

Adapter sa routine capillaire pendant la grossesse

Pendant la grossesse, le cuir chevelu peut réagir différemment. Il devient parfois plus gras, plus sec ou plus sensible, ce qui peut favoriser l’apparition de pellicules chez la femme enceinte ou de démangeaisons.   

Voici 3 conseils qui peuvent aider à améliorer le confort du cuir chevelu et prévenir les pellicules pendant la grossesse :   

  1. Espacer les shampoings, surtout en cas de cuir chevelu gras, pour limiter la stimulation des glandes sébacées.  
  2. Utiliser une eau tiède ou fraîche au rinçage pour ne pas aggraver l’irritation.  
  3. Éviter le sèche-cheveux chaud ou les coiffures serrées pour protéger la barrière cutanée et limiter les frottements.

Solutions naturelles et sûres pour traiter les pellicules pendant la grossesse

Pour éliminer naturellement les pellicules pendant la grossesse, il est possible d’utiliser par exemple :   

  • Du gel d’aloe vera pur, en masque avant shampoing, pour apaiser les irritations. Il doit être choisi sans parfum ni additif.  
  • De l’huile végétale de jojoba, appliquée en petite quantité sur cuir chevelu sec, à rincer avec un shampoing doux.  

Et voici les solutions naturelles qu’il faut en revanche éviter en cas de pellicules pendant la grossesse :   

  • Les huiles essentielles, en particulier celles qui sont dermocaustiques (irritantes pour la peau) ou à effet hormonal. Elles sont déconseillées sans avis professionnel, surtout au premier trimestre.  
  • Le vinaigre pur, souvent proposé comme rinçage naturel, est trop acide et peut irriter un cuir chevelu fragilisé.  
  • Les préparations maison à base de produits irritants ou mal dosées sont à éviter. Elles peuvent déséquilibrer la peau ou provoquer des réactions locales. 

En cas de doute, ou si les symptômes s’aggravent, demandez toujours un avis médical personnalisé pour s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un état pelliculaire sévère ou d’un autre trouble cutané du cuir chevelu.

Quels conseils pour maintenir un cuir chevelu sain pendant la grossesse ?

Pendant la grossesse, il est possible d’agir sur plusieurs leviers pour garder un cuir chevelu en bonne santé.  

En voici 4 prioritaires :   

  1. Avoir une alimentation équilibrée, riche en oméga 3, en fer, en zinc et en vitamines du groupe B, pour aider à nourrir la peau et les cheveux de l’intérieur.   
  2. Boire suffisamment chaque jour, surtout si la peau a tendance à devenir plus sèche.  
  3. Le stress peut aussi jouer un rôle. Un sommeil réparateur, des temps de pause dans la journée ou quelques techniques de respiration peuvent suffire à faire baisser la pression.  
  4. Enfin, la santé digestive est souvent en lien avec celle de la peau. Si des troubles intestinaux sont présents, faites-en part à votre médecin. 

Et si les pellicules chez une femme enceinte ne s’améliorent pas malgré une routine adaptée, l'avis dermatologique permettra de trouver la bonne approche.

Sources :

(1) Marceau, K., Robertson, O., Rolan, E., Wang, W., & Shirtcliff, E. (2020). Within-person changes of cortisol, dehydroepiandrosterone, testosterone, estradiol, and progesterone in hair across pregnancy, with comparison to a non-pregnant reference group. Comprehensive Psychoneuroendocrinology, 5. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33778789/   

(2) Gizlenti, S., & Ekmekci, T. (2014). The changes in the hair cycle during gestation and the post‐partum period. Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology, 28. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23682615/  

(3) Karzi V, Tzatzarakis M, Katsikantami I, Stavroulaki A, Alegakis A, Vakonaki E, Xezonaki P, Sifakis S, Rizos A, Tsatsakis A. Investigating exposure to endocrine disruptors via hair analysis of pregnant women. Environ Res. 2019 Nov;178:108692. doi: 10.1016/j.envres.2019.108692. Epub 2019 Aug 26. PMID: 31520825. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31520825/  

(4) Preston EV, Fruh V, Quinn MR, Hacker MR, Wylie BJ, O'Brien K, Mahalingaiah S, James-Todd T. Endocrine disrupting chemical-associated hair product use during pregnancy and gestational age at delivery: a pilot study. Environ Health. 2021 Jul 28;20(1):86. doi: 10.1186/s12940-021-00772-5. PMID: 34320990; PMCID: PMC8316883. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34320990/

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